Les médecins risquent des sanctions disciplinaires s’ils prescrivent des antibiotiques

par Jacqueline Charpentier

Date : 20 août 2015

Source : www.housseniawriting.com (Madagascar)

> L’Angleterre a décidé que les médecins doivent minimiser leur prescription d’antibiotique sinon ils risquent des sanctions disciplinaires.
« Je suis désolé, mais vous serez mieux si je ne vous prescris pas d’antibiotiques ». Les médecins généralistes et familiaux doivent apprendre cette phrase par coeur en Angleterre pour traiter les maladies mineures de leur patient. Si les médecins ne le font pas, alors ils risqueront des sanctions disciplinaires.
Cette initiative a été lancée par le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) pour réduire les prescriptions d’antibiotiques. Sur les 40 millions d’ordonnances d’antibiotique de l’année dernière, 10 millions étaient inutiles. Le Royal College of General Practitioners a estimé que les médecins feront face à une énorme pression des citoyens s’ils refusent de leur prescrire des antibiotiques. Le NICE est conscient de l’entêtement des citoyens et il prévoit d’autres campagnes pour avertir sur l’abus des antibiotiques sur l’avenir de la médecine. Un abus d’antibiotiques provoque l’apparition de bactéries très résistantes avec le résultat que tous les médicaments deviennent inefficaces.
Selon un porte-parole du NICE, les citoyens doivent comprendre que le médecin sait ce qui est le mieux pour ses patients. Et si des médecins continuent de prescrire les antibiotiques à outrance, alors ils seront poursuivis devant le General Medical Council qui peut sanctionner les médecins. Mais cela reste en dernier recours et l’urgence est de sensibiliser les gens aux dangers de l’abus des antibiotiques pour n’importe quel trouble mineur.

Texte intégral : http://actualite.housseniawriting.com/sante-actualite/2015/08/20/les-medecins-risquent-des-sanctions-disciplinaires-sils-prescrivent-des-antibiotiques/7414/

Soleil, cocotiers et... bactéries multirésistantes !

Au retour des tropiques, ces microbes, dont les antibiotiques actuels ont du mal à venir à bout, compliquent parfois les traitements.

par Anne Jeanblanc

Date : 17 juillet 2015

Source : Le Point.fr

> « Ce sont des « passagers clandestins » dont les voyageurs revenant d'un séjour dans des pays situés en zone tropicale se passeraient volontiers. Mais ils ne peuvent s'en débarrasser avant de regagner la France, tout simplement parce qu'ils ignorent leur présence au sein de leur tube digestif. Et pourtant, plus de la moitié des personnes ayant accepté de participer à une étude ont ramené des entérobactéries « exotiques ». Certains de ces micro-organismes sont parfaitement inoffensifs, mais d'autres peuvent être responsables d'infections graves et difficiles à traiter.
C'est ce qu'a montré une grande étude récemment menée par des équipes parisiennes* et dont les résultats ont été publiés dans la revue internationale Clinical Infectious Diseases. En pratique, les chercheurs ont suivi 824 personnes bien portantes, avant et après un séjour en zone tropicale (Afrique subsaharienne, Asie ou Amérique du Sud). Ces voyageurs ont dû répondre à un questionnaire médical et fournir un prélèvement des selles dans la semaine précédant leur départ et dans les trois jours après leur retour. Cette étape était répétée chez les voyageurs porteurs d'entérobactéries multirésistantes aux antibiotiques (EMR) jusqu'à ce que les prélèvements deviennent négatifs.
Les auteurs indiquent avoir trouvé des EMR chez 51 % des personnes suivies. Mais leur fréquence diffère selon les zones géographiques visitées : plus de 72 % des voyageurs en sont porteurs au retour d'Asie, plus de 47 % après un séjour en Afrique subsaharienne et un peu plus de 31 % en provenance d'Amérique du Sud. D'autre part, le risque est plus élevé en cas de séjours ouverts (voyage organisé, familial ou de type « routard ») que de séjours fermés en hôtel-club. Il faut ajouter que ces EMR ont été spontanément éliminées trois mois après le retour en France dans 95 % des cas. Et comme les voyageurs porteurs d'EMR ne sont pas pour autant malades, ils n'ont aucune raison de consulter un médecin pour ce seul motif. »

Texte intégral : http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/soleil-cocotiers-et-bacteries-multiresistantes-17-07-2015-1949521_57.php

 

La résistance aux antibiotiques : le nouveau défi sanitaire mondial !

Date : 19 mai 2015

Source : Notre-planete.info

Auteur : René TREGOUËT, sénateur honoraire, fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

>(..) « C'est le plus grand défi à relever aujourd'hui dans le domaine des maladies infectieuses », déclare le Docteur Keiji Fukuda, Sous-Directeur général pour la sécurité sanitaire à l'OMS. « Tous les types de micro-organismes, dont de nombreux virus et parasites, deviennent résistants aux médicaments. Le développement de bactéries de plus en plus difficiles à traiter avec les antibiotiques est un problème préoccupant et particulièrement urgent. On observe le phénomène dans toutes les régions du monde, de sorte que les pays doivent agir pour combattre cette menace mondiale ».

Face à ce qu'il faut bien appeler une menace mondiale majeure en matière médicale et sanitaire, la communauté internationale, après avoir longtemps sous-estimé l'ampleur de ce problème, commence enfin à réagir et à se mobiliser.

Cette mobilisation porte sur l'effort de recherche visant non seulement à développer de nouveaux antibiotiques efficaces contre les bactéries multirésistantes mais également à imaginer de nouveaux outils thérapeutiques contre ces bactéries, sans oublier l'indispensable effort de réorganisation globale de nos systèmes de santé et de notre « culture médicale », pour apprendre à utiliser de manière beaucoup plus judicieuse et appropriée la panoplie des antibiotiques disponibles et limiter ainsi sensiblement l'apparition de ces phénomènes de résistances bactériennes. (...) »

Texte intégral : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/4272-bacteries-resistance-antibiotiques

Pour lutter contre les superbactéries, il faut plus que de nouveaux antibiotiques 

par Tim Leighton,
Professeur d'acoustique à l'Université de Southampton

Date : 15 Juillet 2015

Source : theconversation.com/uk

> « En 2050, les maladies résistantes aux médicaments pourraient tuer plus de personnes que le cancer, une surmortalité estimée à 'environ 10 millions de décès par an. Elles pourraient également causer des pertes d'un montant de 100 milliards de dollars.

Cette potentielle catastrophe sanitaire, qui concernera notamment les procédures chirurgicales, y compris les plus banales, est généralement attribuée à l'apparition de nouvelles souches de bactéries résistantes aux antibiotiques. On affirme notamment que la réponse à ce fléau est le développement de nouveaux antibiotiques.

(...)

Le développement de nouveaux médicaments antimicrobiens est une course aux armements contre la sélection naturelle qui ne peut être gagnée : lorsque les antimicrobiens (pas seulement les antibiotiques) sont mis en œuvre, les microbes de toutes sortes (pas seulement les bactéries) se révèlent capables de développer des souches résistantes. Si le médicament tue 99,99 % d'une population de microbes, les survivants s'adaptent dès la génération suivante. Pour prévenir les catastrophes potentielles dans le secteur de la santé et la production alimentaire, des mesures différentes doivent être mise en œuvre.

Celles-ci englobent deux éléments-clés.
D'abord, la prévention des infections. Si un microbe dangereux ne pénètre dans l'organisme, aucun antimicrobien n'est nécessaire. Le développement de nouveaux matériaux et produits résistant aux microbes, ainsi que le développement de procédures les moins invasives possibles, l'amélioration de l'élimination des déchets et une révolution dans le nettoyage et l'hygiène, sont quelques-unes des pistes de recherche à suivre.

Le deuxième facteur pour réduire l'utilisation d'antimicrobiens est la suppression des environnements qui favorisent le développement des souches résistantes, notamment dans l'organisme du patient ou chez les animaux d'élevage avec des mesures simples comme le fait de ne pas arrêter les traitements dès la disparitions des symptômes ce qui favorise la survie des microbes résistants. D'autres mesures comprennent l'invention de capteurs pour détecter l'infection précoce et identifier le microbe spécifique responsable, afin de permettre l'utilisation d'antimicrobiens ciblés plutôt que des agents à large spectre. »

Texte intégral (en anglais) : http://theconversation.com/we-need-more-than-just-new-antibiotics-to-fight-superbugs-44054

 

Retrouvez dans cette rubrique toute l'actualité de la résistance bactérienne.

Plus d'articles...